TEXTS

Anne Juliette Deschamps, Jan 2017

“This work is an allusion to the journey of light through the universe, to the origin of life, referring to the creation of matter or antimatter. I explore the relationships of space and living entity, from cell to universe.”

About the exhibition “Lux, an atmospheric abstraction” 

Alyssa Perott, March 2019

Anne Juliette Deschamps is an exciting French painter, sculptor and draftsman who has exhibited her work internationally, including in the US, Belgium, the UK, Italy, South Korea and France. Working from a particular sensibility that acknowledges whole environments - from the cell to the universe, she produces sculptures, paintings and drawings that balance natural elements with projections of human interpretation. Her pure shapes appear wrapped in colour and full of light.

Singulart.com

Nick Curtis, June 2017

The organic fluidity of nature contrasted against an angular, urban aesthetic. Embodiments of life and reminders of death placed in proximity to one another. The utterly bestial playing against suggestively sexual feminine forms. All apt descriptors for the dichotomy within the works of French artist Anne Juliette Deschamps, who frequently used the guise Ajee. And while her first sculptural character, SkullSkin (2008), incorporated them into its womanly shape with a removable skull mask, it was her sophomore designer toy outing, Kosplay, that felt more encompassing of these philosophies.

Kosplay consists of two characters, known individually as Kosplay Girl (or simply The Girl) and the Polar Bear, who first manifested as a duo in a sketch by Deschamps in 2010, which she began sculpting herself out of FIMO Air Light polymer clay by Steadtler that same year. True to the title, which is an intentional heterography of cosplay, both of the pieces in Kosplay are masquerading as something other than what they are. Kosplay Girl is a woman and thus inherently a symbol of life, but she is adorned with the likeness of the most common image associated with death, a skull, formed from the pastie-like nipple dots, the triangular navel decoration, and the belt buckle representative of an upper jaw. The Polar Bear, symbolic of the power of nature, has eye coloration akin to an endangered panda, emphasizing the fragility of nature even in its strongest form.


Issued by Bonustoyz/Extended Playz at the end of 2011, there were only three color schemes for the vinyl renditions of Kosplay. Pictured above left-to-right, these editions were: the starkly contrasting Black&White (ltd. 400 sets), the vibrantly colored GlowInTheDark (ltd. 140 sets), and the glossy accentuation spotted SolidBlack (ltd. 60 sets). In all these variations, the 8½ inch tall (21½ cm) Girl featured a removable base stand and capelet accessory, her arms being articulated and her head having impressive mobility atop a ball joint, while the 4½ inch tall (11½ cm) Polar Bear simply stands statuesque.


Beginning in early 2012, handmade rendition of the pair were issued in Limoges porcelain, executed in the material by K.Olin tribu. Slightly shrunken in size, with The Girl standing 7⅞ inches tall (21 cm) and the Polar Bear being 4⅓ inches tall (11 cm), these were issued in extremely limited, numbered editions. Pictured above, left-to-right, these editions were: the original, solid white rendition (Mar. 2012, ltd. 12 sets), the Tomenosuke 6th anniversary celebration exclusive Gold version (Sept. 2012, ltd. 6 sets), and the Platine, or Platinum, color scheme (Oct. 2013, ltd. 12 sets).


Deschamps reimagined the Polar Bear component of Kosplay as a stand-alone form in 2012, sculpting it afresh at a height of 14 inches (35 cm). Cast in resin and finished with acrylic paints, this rendition — Wild Goods — was displayed at Paris’ SLICK Art Fair in October of 2012, presented for the event by the Art Prestige Concept Gallery. Limited to only 8 pieces, with spot coloration on some, these sculptures emphasized that natural element of Kosplay at the cost of the symbolism expressed through the panda decoration and The Girl‘s accompaniment.

But further meaning was reasserted with the All Words White and All Words Ice color schemes in 2014, painted phrases like “Fresh to Death” and “Furry Paradise” becoming reminders of how humanity’s presence can negatively impact nature. Both limited to 3 pieces plus 1 artist proof copy, each numbered and signed by Deschamps, these were joined by the similarly sized Fur series edition, consisting of the mostly blue First Fur, the transitiional Second Fur, and the entirely pinkish-red Third Fur.


Deschamps then debuted a lifesize, 47¼ inch tall (120 cm) fiberglass rendition of the Polar Bear in April of 2014, shown as part of the OFF-Programme Art Fair in Brussels, Belgium. Decorated with its title, Fresh to Death, on its flank, this led the way for 2015’s White edition of 8 signed and numbered pieces (plus 4 artist proof copies), one of which was displayed in Paris’ Parc Montsouris from October of 2016 until January 2017. Returning the emphasis to the fragility of nature, especially the arctic, the De glace (or Of ice) rendition projected video mapping of the Helheim Glacier calving onto the fiberglass form. And with Deschamps continuing to visually communicate the complex relationship between humankind and the environment, she has expressed a desire to bring her statement sculptures full circle by creating a lifesize rendition of Kosplay Girl to accompany her nearly 4 foot tall Polar Bear pieces, which together is her ultimate expression of the resilience of nature and its uncertain future. 

From toy art to contemporary art

CoArt Magazine, USA

Nicolas Lacroix, Oct 2016

 

Lux, une abstraction atmosphérique. C’est une allusion aux origines de toute vie en se référant à la création de la matière et au voyage de la lumière à travers l’univers.
Une tentative de matérialisation de la lumière, de sa perception furtive et impalpable et de son interprétation abstraite. Un travail contemplatif qui s’inspire de l’infinie variété de luminosité que nous observons et qui nous englobe.

 

Ajee travaille les lignes, les courbes, les surfaces et met en scène ses sujets de prédilections : la faune et l’environnement.

Mais quelle évolution depuis deux ans et son travail présenté à la Galerie Lacroix en 2014 où renards, ours ou loups donnaient leur sens au titre de l’exposition Fresh to Death.

 

Aujourd’hui, elle peut se passer de mettre en scène cette faune dans son environnement et son travail n’est plus figuratif.

Elle souhaite utiliser le spectateur comme matière figurative à confronter à des œuvres abstraites afin de créer un environnement, positionner les sculptures ou le spectateur en dialogue avec ces œuvres.

Le spectateur est, de fait, en situation de contemplation.

 

Les formes rondes évoquent le disque solaire ou la sphère terrestre, le cercle du cycle de la vie, la maternité, ou la vision, le globe oculaire et l’iris, que la couleur environne et enveloppe de lumière.

 

‘La lumière est fondamentale en ce sens que dans la multiplicité et les impressions que nous fait le monde sensible et le rappel de l’unité qui transcende ces impressions, toujours partielles, et ce rappel de l’unité est le rappel de la poésie à sa tâche.

Dans la peinture de paysages, la lumière est présente et différenciée et active.

La poésie demande aux mots de faire revenir la lumière dans des situations d’existence ou notre pensée découragée, démoralisée, dé-conceptualisée ne voit plus que de la pénombre. 

Faire revenir la lumière plutôt que la pénombre’.

Yves Bonnefoy

 

La lumière, les lumières que nous propose Ajee sont sans doute des plus complexes et des plus chargées symboliquement, celles que la couleur tente de préciser au mieux mais dont la richesse rend l’expression difficile.

Les lumières de l’aube, du crépuscule, de l’heure bleue…

 

Après le figuratif et la suggestion du figuratif, Ajee tend vers l’abstraction à travers la figure du cercle qui véhicule le symbolisme de la perfection, l’absolu, l’infini, le divin.

Catalogue d'exposition

Lux, une abstraction atmosphérique. Galerie Lacroix, du 7 octobre au 5 novembre 2016

Nicolas Lacroix, Sept 2014

 

Fresh to death, expression polysémique s’il en est : la fraîcheur est autant celle de l’excitation que du froid polaire, la mort autant synonyme d’outrance joyeuse que de trépas inexorable. La combinaison des deux termes exprime bien la vision du monde d’Ajee : l’élégance, l’allégresse mêlées à la menace, au danger. Le monde est une source intarissable de beauté, mais cette beauté est sans cesse menacée. La faune arctique, et plus précisément l’ours polaire en sont le symbole.

 

Le travail d’Ajee commence par le dessin. D’abord, elle recherche les ombres et les lumières par les valeurs. Puis elle les reporte sur la toile à la mine graphite. Chaque surface est ensuite peinte dans sa valeur. Enfin, elle procède à une intervention graphique finale pour les lettrages, les flammes, la fourrure, les formes libres…

Lorsqu’un dessin exprime un sentiment suffisamment fort pour être travaillé en volume, elle passe à la sculpture.

Elle modèle un volume, et quand il lui convient, elle le sculpte et le ponce pour suivre les courbes, les plans et les arêtes jusqu’à obtenir le trait qui l’intéressait dans le dessin, avec l’angle de vue correspondant.

 

Il y a dans la figuration de l’ours, qui est au centre de cette exposition, quelque chose d’humain, comme un reflet de l’homme et de sa condition. On peut y percevoir un nouveau Penseur, contemporain et contemplatif, méditant sur le monde et son état.
L’ours d’Ajee est universel : lorsqu’un prototype grandeur nature a été exposé à la OFF Art Fair Brussels au mois d’avril 2014, de nombreux visiteurs du salon ont cru le (re)connaître.

Comme l’ours de Pompon qui exprime la puissance et la majesté dans le simple fait de marcher, celui d’Ajee exprime également l’humilité face à l’immensité qui l’entoure. Il amorce un mouvement ; après avoir été assis il se relève, ne se résigne pas.

 

L’ours est l’homme, roi d’un monde qu’il ne comprend plus.

 

L’historien Michel Pastoureau notait que « les hommes et les sociétés semblent hantés par le souvenir, plus ou moins conscient, de ces temps très anciens où avec les ours ils avaient les mêmes espaces et les mêmes proies, les mêmes peurs et les mêmes cavernes, parfois les mêmes rêves et les mêmes couches ». Le souvenir est toujours là, palpable et poétique, et l’ours est aujourd’hui paré de couleurs irréelles – au blanc glacial s’ajoutent le noir sépulcral, le bleu glacier ou le rose fluo – qui disent les contrastes et contradictions du monde, ses beautés et ses dangers, sa surprenante singularité comme son inquiétante étrangeté.

 

Avant d’être définie scientifiquement comme lumière, la couleur a d’abord été perçue comme matière, comme enveloppe qui recouvre les choses.

L’ ‘’histoire chromatique’’ d’Ajee se rapproche de celle d’autres cultures ‘’qui n’isolent pas les unités colorées à la manière de l’occident, mais s’appuient sur des paramètres qui leur sont propres. L’essentiel n’est alors pas de savoir si une couleur est rouge ou bleue mais de savoir si elle est sèche ou humide, lisse ou rugueuse, tendre ou dure, sourde ou sonore.’’ Les couleurs d’Ajee prennent ainsi une signification nouvelle.

 

L’ours se décline en de multiples formats qui s’échelonnent d’une dizaine de centimètres jusqu’à la grandeur nature.

L’artiste a tout d’abord conçu cet ours avec un personnage féminin, les deux formant un tout par leur relation.

Elle les a sculptés dans un petit format pouvant être édité en vinyle, car ce médium l’intéressait. Il est ensuite devenu porcelaine puis, à l’évidence, il devait grandir. Un volume de 35 centimètres de haut s’est imposé avant de parvenir à sa taille adulte d’un mètre vingt en résine.

Dans une démarche spécifique à cette série, Ajee a également représenté l’ours sur toile au un châssis triangulaire. Elle souhaitait que le sujet déborde du triangle pour en sortir.

 

Ajee a débuté par l’Art Toy, qui lui apparaissait comme une évidence quand elle a commencé parce que c’est sa culture. Elle n’imaginait pas faire autre chose. C’était une évidence.

Aujourd’hui, elle a besoin de sculpter « plus grand », donc des pièces uniques.

 

Ajee présente aussi au sein de cette exposition des toiles aux formats variés et des dessins. On y retrouve, comme dans l’ensemble de son travail, des femmes, et plus largement des animaux.

 

Ce dont Ajee nous parle avec eux, c’est de son respect pour la nature, la faune et la flore, les éléments et l’environnement.

Elle nous propose sa vision du monde à travers les yeux de ses personnages féminins.

C’est ce qu’elle voit d’où elle se tient en regardant au loin, humble et contemplative.

Catalogue d'exposition

Fresh to Death, Galerie Lacroix, du 18 septembre au 18 octobre 2014

Yann-Claude Philippot, Jan 2012

Depuis l'avènement et la reconnaissance de talents comme Amanda Visell, Junko Misuno, Kathie Olivas ou Tara McPherson, l'hégémonie masculine a été mise à mal dans le monde du toy design. Côté français, hormis Fafi, Ajee est la seule femme toy designer à franchir le pas avec une première création remarquée en 2008 (Skullskin). Le label Extended Playz vient de dévoiler une nouvelle figurine encore plus ambitieuse: Kosplay. L'univers d'Anne Juliette alias Ajee est très féminin et hautement suggestif. Ses personnages représentent de jeunes femmes filiformes et anguleuses, avec une approche graphique inédite.

Le traitement du jouet est à des années lumières des silhouettes féminines à la japonaise, glorifiées dans la très populaire branche Hentaï et qui présente des égéries aux attributs mammaires disproportionnés et aux poses ultra suggestives.

Les avatars d'Ajee sont parés de fourrures animales, mettant fièrement en valeur leur féminité sans tomber dans le trop explicite visuel.

Décomplexée et sûre d'elle, Kosplay (21,5 cm) est accompagnée d'un ours (11,5 cm) qui, comme elle, est dual: grâce à unjeu de couleurs, l'animal devient panda, et Kosplay revêt une armure en forme de crâne quoi transcende sa féminité. Imaginez une version féminine de Rahan qui sortirait glorieuse d'une apocalyptique glaciation. Vous y êtes.

Graffitiart Magazine #14, 2012

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